Ou aberrant, abruti, absurde, âne, animal, balourd, bête, borné, buse, couillon, crétin, déraisonnable, idiot, ignorant, imbécile, inepte, inintelligent, insensé, nigaud, ramolli, sot, vaseux. Complètement con. Comme si la raison n'existait plus, comme un esprit froid, solitaire et agressif, comme perdu, seul contre tous. Pour un amour floué, un mot déplacé, voir sa confiance corrompue ou tout autre affaire personnelle. Nous ne serions expliquer la tristesse, trop peureux, c'est un sentiment qu'il est préférable d'oublier. A la place nous la combattons, avec plus ou moins de force, plus ou moins d'aplomb, de différentes manières, toutes aussi absurdes les unes que les autres. Que l'on boive, que l'on rit, que l'on pleure, tout est prétexte pour évacuer; à plusieurs ou tout seul, un jour, deux jours, trois semaines, peu importe, nous nous défilons. C'est la peur d'affronter la réalité, l'anxiété d'avouer qu'il y a un problème, que tout n'est pas rose. Au fond, c'est ça la vrai tristesse, nous sommes triste, nos vies sont tristes, nos relations sont tristes, nos caractères et nos préjugés le sont aussi. Les critiques sont fondées, je ne supporte plus ce ressenti là. Le pire reste lorsque le passé refait surface, il ne me suffit de pas grand chose, une photo au hasard d'un album retrouvé, un souvenir trop longtemps enfui refaisant surface, une histoire, des fou rires oubliés, peu importe, le passé me dérange, il ne fait que confirmer mes doutes, il ne me rend que plus triste, bien plus triste. Alors je me déguise, je me réfugie, mon stylo en guise de mouchoir, la musique pour seule discussion. Le passé dérange, le futur inquiète; Reste notre présent. Nos présent triste passé à redouter notre futur. Notre présent gâché par ce sentiment plus incompris qu'autre chose, presque inquiétant, comme menaçant, gênant, perturbant. Notre présent aberrant.



